La mitochondrie : un acteur clé dans les déséquilibres intestinaux de l’obésité
Abstract
• Les mitochondries jouent un rôle clé dans l’homéostasie de l’épithélium intestinal. • Un régime riche en lipides réduit le métabolisme énergétique des cellules intestinales. • La dysfonction mitochondriale réduit la différenciation des cellules épithéliales. • Une baisse de densité mitochondriale affecte le métabolisme énergétique du jéjunum. • La hausse des sulfures luminaux inhibe le complexe IV mitochondrial des colonocytes. Les complications métaboliques de l’obésité sont associées à une perte d’homéostasie intestinale et à une inflammation chronique de bas grade. Centrales énergétiques des entérocytes, les mitochondries jouent un rôle clé dans le maintien de cette homéostasie. Nous avons évalué si leur altération pouvait contribuer à l’hyperperméabilité intestinale observée dans l’obésité. Chez la souris, un excès de lipides alimentaires provoque une accumulation de gouttelettes lipidiques dans les entérocytes, entraînant une baisse du nombre et de l’activité mitochondriale, associée à une perte du phénotype mature et de la fonction de barrière. Dans les organoïdes jéjunaux murins, la réduction de l’activité mitochondriale limite la différenciation des progéniteurs en entérocytes matures, pouvant favoriser l’hyperperméabilité. Dans le côlon, le régime hyperlipidique induit aussi une dysfonction mitochondriale et une hyperperméabilité liée à une dysbiose marquée par les Desulfovibrionaceae et les sulfures, inhibiteurs du complexe IV mitochondrial. Ces travaux soulignent le rôle clé des mitochondries dans les déséquilibres intestinaux liés à l’obésité et ouvrent de nouvelles pistes thérapeutiques. Metabolic complications of obesity are associated with a loss of intestinal homeostasis and low-grade chronic inflammation. As the energy powerhouses of enterocytes, mitochondria play a key role in maintaining this homeostasis. We investigated whether mitochondrial alterations could contribute to the intestinal hyperpermeability observed in obesity. In mice, excess dietary lipids caused the accumulation of lipid droplets in enterocytes, leading to a reduction in mitochondrial number and activity, associated with a loss of mature epithelial phenotype and barrier function. In murine jejunal organoids, decreased mitochondrial activity limited the differentiation of progenitors into mature enterocytes, potentially promoting hyperpermeability. In the colon, a high-fat diet also induced mitochondrial dysfunction and epithelial hyperpermeability linked to dysbiosis characterized by an abundance of Desulfovibrionaceae and sulfides, inhibitors of mitochondrial complex IV. These findings highlight the key role of mitochondria in intestinal imbalance associated with obesity and open new therapeutic avenues.
Fields of Study & Subjects
Gut microbiota and health
Mitochondrial Function and Pathology
Gastrointestinal motility and disorders
Publication details
- Journal / source
- Cahiers de Nutrition et de Diététique
- Publication date
- 1 February 2026
- Language
- FR