Proximité, distance, qualité de lecture
Abstract
Le projet de « lecture distante » (Moretti 2013), par opposition au processus établi de « lecture attentive », a été lancé parallèlement aux humanités numériques et aux possibilités ouvertes par l’analyse des mégadonnées et d’autres méthodes computationnelles. Cependant, Moretti (2000) avait déjà exposé les possibilités de la lecture distante dans un récapitulatif de la méthode de l’école des Annales. On peut soutenir que ces méthodes informatiques ont une histoire encore plus longue (Igarashi 2015). Ce qui marque l’opposition entre la lecture attentive et la lecture distante est souvent considéré comme une question d’échelle, avec parfois pour corollaire que la lecture distante entraîne un manque d’attention et une perte de concentration (éditeurs de SubStance 2009). On examine ici la critique de la lecture distante par opposition à la lecture attentive. On considère de manière critique l’idée selon laquelle l’échelle de lecture équivaut à la qualité, cette dernière étant entendue comme une interprétation plus nuancée sur le plan affectif et mettant l’accent sur le travail du lecteur pour négocier les différences entre « les déterminants extrinsèques et intrinsèques de l’échelle littéraire » (Orlemanski 2014 2 : 30). On soutient également l’idée que la question de l’échelle est plus complexe que ne le laisse supposer la dichotomie apparente entre les méthodes quantitatives et qualitatives (Eve 2019). On cherche à démontrer comment les nouveaux débats sur la nature même de la lecture (Trasmundi et Cobley 2021 ; Engberg et al 2023) remettent en question et renforcent les promesses de l’intelligence artificielle en matière d’échelle.
Fields of Study & Subjects
Digital Humanities and Scholarship
Literary Theory and Cultural Hermeneutics
Cultural Insights and Digital Impacts
Publication details
- Journal / source
- Actes Sémiotiques
- Issue
- 134
- Publication date
- 3 February 2026
- Language
- FR