Mémoire diasporique et écriture fragmentaire : Ami Bouganim et Gabriel Bensimhon à l’épreuve de l’extrême contemporain

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Authors: Hind LAHAMAMI
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Abstract

Cette étude se propose d’explorer la dynamique complexe de la mémoire et de l’identité diasporique à travers deux romans contemporains de la littérature judéo-marocaine : Fils de serpent d’Ami Bouganim (2024) et Étranger à Paris de Gabriel Bensimhon (2018, trad. 2020). Adoptons une approche résolument transdisciplinaire, en mobilisant notamment les travaux de Pierre Nora, Homi Bhabha et Édouard Glissant, pour analyser la manière dont ces œuvres façonnent une esthétique du fragment, capable de dire les discontinuités de l’expérience diasporique. La mémoire apparaît ici non pas comme un simple réservoir du passé, mais plutôt comme un espace mouvant de recomposition, où lieux de mémoire, mythologies populaires et pratiques culturelles s’entrelacent et se répondent, esquissant une identité en devenir. Ce qui frappe, c’est que ni Bouganim ni Bensimhon ne sombrent dans la nostalgie stérile mais bien au contraire, ils élaborent une véritable poétique du déplacement et de l’hybridité, où la fragmentation devient moteur de création plutôt que symptôme de perte.À travers cette écriture éclatée mais intensément signifiante, les deux auteurs nous invitent à repenser la diaspora non comme une condition de dépossession ou d’arrachement, mais surtout, comme une source vive d’innovation littéraire et identitaire. En fin de compte, ce double regard porté sur leurs œuvres permet d’éclairer certains des enjeux critiques majeurs qui traversent aujourd’hui la littérature diasporique contemporaine, entre mémoire, altérité et invention de soi.

Fields of Study & Subjects

North African History and Literature French Literature and Critical Theory Caribbean and African Literature and Culture

Publication details

Journal / source
L’Archétype
Publication date
15 February 2026
Language
FR