Éditorial
Abstract
Depuis la mise en œuvre des réserves et l’établissement des pensionnats indiens au Québec, les Innus, peuple autochtone de la péninsule Québec-Labrador, se retrouvent assujettis à l’ordre juridico-politique imposé par l’État fédéral. De tradition nomade, parce que leur pas suivait les mouvements des autres qu’humains – animaux, végétaux, entités maîtres des animaux, ancêtres et enfants à venir –, les Innus furent contraints à une sédentarisation forcée, porte d’entrée d’une assimilation culturelle. Nous souhaitons, par une mise en perspective historique et une double analyse anthropologique et géographique, proposer une lecture du processus de contrôle territorial par le pouvoir colonial. Là où le principe de sédentarité repose sur un mode de vie où les humains façonnent un espace strictement humain, elle institue en creux le dualisme entre nature et culture, non-humains et humains, qu’elle transpose en symétrie spatiale nomade-sédentaire. En suivant le fil de la corporalité, nous suggérons enfin que les Innus furent soumis à une domination ontologique sur leur corps, désormais colonisé. Mais ce corps, pris dans l’assignation, peut devenir le lieu d’une mobilité persistante, vectrice d’un contre-pouvoir face aux dynamiques territoriales imposées.
Fields of Study & Subjects
Indigenous Cultures and History
Indigenous Health
Education
and Rights
New Caledonia Indigenous Studies
Publication details
- Journal / source
- Les Cahiers du Développement Social Urbain
- Volume
- n° 82
- Issue
- 2
- Pages
- 1–2
- Publication date
- 16 January 2026
- Language
- FR