L’anthropocène et le temps social
Abstract
Penser l’Anthropocène à partir de sa dimension temporelle engage à dépasser son acception géologique pour en faire un opérateur critique de nos rapports au temps. Articulé au concept de « temps social », entendu à la suite de Tim Ingold comme trame relationnelle des pratiques, il révèle le processus historique par lequel les sociétés humaines se sont progressivement désynchronisées des rythmes écosystémiques. La généalogie esquissée – de la domestication du feu à la sédentarisation et à la domestication des vivants – montre que l’émancipation vis-à-vis des cycles naturels s’accompagne d’une aliénation croissante à un temps construit et normatif. L’Anthropocène apparaît ainsi comme une rupture décisive des temporalités, appelant à revaloriser le temps écosystémique non seulement comme condition de formes de vie ajustées aux limites planétaires, mais aussi comme critique de la normativité temporelle qui caractérise la modernité.
Fields of Study & Subjects
Humanities and Social Sciences
Ecocriticism and Environmental Literature
Philosophical and Theoretical Analysis
Publication details
- Journal / source
- Philosophique
- Volume
- 29
- Pages
- 101–115
- Publication date
- 1 January 2026
- Language
- FR