Un malaise structurel faute de réformes
Abstract
La Thaïlande fait face à une année d’intensifications des contraintes à la fois en termes de politique extérieure et intérieure, de performance économique et de cohésion sociale, mettant en lumière le poids cumulé de vulnérabilités structurelles. Au niveau international, l’escalade du conflit frontalier avec le Cambodge, la pression croissante des grandes puissances et l’inquiétude face à l’influence toujours plus grande de la Chine ont entraîné un changement d’orientation, passant d’ambitions de puissance moyenne proactive à une stratégie axée sur la stabilisation et la gestion de risques. Au niveau domestique, le démantèlement politique de la famille Shinawatra et l’érosion du parti Pheu Thai redéfinissent le paysage, permettant au chef de file du parti Bhumjaithai, Anutin Charnvirakul, de consolider son mandat de Premier ministre avant les élections anticipées de février 2026. La croissance est restée modérée, à 2,2 %, freinée par l’endettement élevé des ménages, une marge de manœuvre budgétaire limitée, une faible productivité et la fragilité des marchés financiers. Les profondes inégalités, le vieillissement rapide de la population, le sous-financement des institutions et la perte de confiance dans les piliers traditionnels de l’autorité ont alimenté des tensions croissantes, tandis que les réseaux d’économie souterraine et la montée du sentiment nationaliste ont encore freiné les réformes, dont le besoin se faisait urgemment sentir.
Fields of Study & Subjects
Southeast Asian Sociopolitical Studies
Political Conflict and Governance
International Relations and Foreign Policy
Publication details
- Journal / source
- Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine eBooks
- Pages
- 370–401
- Publication date
- 1 January 2026
- Language
- FR
- Document type
- Book chapter