Pour une utopie reterrestrante : voyage en ciel migrateur avec Kossi Efoui et Patrick Chamoiseau
Abstract
Au croisement des pensées de l’écologie et d’une réflexion sur les migrations et les frontières, le présent article s’attache à éclairer la fécondité poétique et politique de la figure de l’oiseau migrateur en littérature, au travers de deux œuvres francophones contemporaines : Volatiles de Kossi Efoui (2006), et Les neuf consciences du Malfini de Patrick Chamoiseau (2009). L’enjeu de la réflexion est de circonscrire l’espace de l’utopie ouvert par les migrateurs, en même temps que de proposer une définition du geste écopoétique tel qu’il s’élabore dans les textes. Ainsi, si les oiseaux d’Efoui et Chamoiseau nous font bien voyager dans un espace autre, contrepoint rêvé de l’expérience migratoire humaine, cet ailleurs n’est pourtant pas un « lieu de nulle part » : le ciel des migrateurs, c’est en réalité toujours la terre, et les oiseaux ne sont pas le « tout autre », mais bien nos frères en migration, pris dans la même loi du vivant. Ce que proposent alors nos textes, c’est une sorte de « nouvel esprit utopique », accordé au plus juste aux défis de notre époque de déterrestration : une utopie reterrestrée et reterrestrante, nourrie d’une écoute ravivée des êtres et phénomènes terrestres. Pour qui sait ainsi en poète déchiffrer pour nous les « rêves de la terre », elle devient un formidable réservoir d’utopies petites et grandes pour renouveler nos imaginaires des migrations et des frontières, et ouvrir l’horizon d’un monde plus hospitalier.
Fields of Study & Subjects
Agriculture and Rural Development Research
African Studies and Geopolitics
Publication details
- Journal / source
- Presses universitaires de la Méditerranée eBooks
- Pages
- 223–238
- Publication date
- 1 January 2026
- Language
- EN
- Document type
- Book chapter