Le silence comme voix muette et passerelle intertextuelle dans Houris de Kamel Daoud

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Authors: Ouafa Benjaafar
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Abstract

Le présent article propose d’analyser la poétique du silence dans Houris (2024) de Kamel Daoud, roman qui confie la narration à Aube, survivante mutilée de la guerre civile algérienne et presque privée de voix. L’étude montre que le mutisme de la narratrice ne relève pas d’une absence de parole, mais d’un déplacement de l’énonciation vers une langue intérieure foisonnante. Le silence représente un opérateur narratif central, articulant traumatisme individuel et mémoire collective de la « décennie noire ». À partir d’approches pragmatiques, psychanalytiques et intertextuelles, l’article met en évidence la dimension illocutoire et perlocutoire du silence, conçu comme acte de transmission et de résistance. Le corps blessé devient une archive mémorielle où s’inscrivent les violences refoulées, tandis que les mythes, les références bibliques et coraniques remplacent la parole empêchée.

Fields of Study & Subjects

North African History and Literature Memory Trauma and Testimony French Literature and Critical Theory

Publication details

Journal / source
Mouvances Francophones
Volume
11
Issue
2
Publication date
9 January 2026