Le silence privation et l’hospitalité dans les autobiographies de Leïla Sebbar

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Authors: Amina Cheraiet
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Abstract

Dans les autobiographies de Leïla Sebbar, le silence fonctionne comme une forme de privation structurante. Axés sur la figure paternelle, ses écrits donnent à voir un silence qui ne protège pas, mais qui empêche : empêche la transmission de la langue arabe, du récit familial et de la mémoire algérienne. Cet article se propose de comprendre comment le silence du père — notamment le refus de transmettre la langue arabe, l’histoire familiale et la mémoire algérienne — constitue un « silence privation », au sens d’une absence de ce qui aurait dû être transmis. À partir d’un corpus comprenant les trilogies non illustrées et illustrées, l’étude interroge les effets de cette rupture de transmission sur la construction du sujet écrivant et sur la filiation. Le cadre théorique articule la psychanalyse du lien (Puget, Bernstein, Kleiman), l’anthropologie du don (Mauss, Godbout) et une conception de l’hospitalité comme pratique textuelle. L’hypothèse centrale est que l’écriture autobiographique sebbarienne transforme le manque en espace d’accueil : le silence subi devient un silence « fécond » qui relance la quête de savoir, la profusion narrative et la réinvention du lien parento-filial.

Fields of Study & Subjects

North African History and Literature Autobiographical and Biographical Writing Memory Trauma and Testimony

Publication details

Journal / source
Mouvances Francophones
Volume
11
Issue
2
Publication date
9 January 2026