Au seuil du verbe : l’éloquence du silence chez Kamel Daoud, Jeanne Benameur et Cécile Ladjali
Abstract
Le silence s’impose comme une modalité centrale de l’énonciation dans Ceux qui partent de Jeanne Benameur, Zabor ou les psaumes de Kamel Daoud et Shâb ou la nuit de Cécile Ladjali. Loin d’être appréhendé comme une simple absence de parole, il y est envisagé comme un espace paradoxal de signifiance, investi par la mémoire, les affects et la douleur. Le silence s’y déploie selon des configurations multiples — atmosphériques et émotionnelles, existentielles et communicationnelles, héritées et structurelles — qui structurent les récits et les subjectivités mises en scène. Les textes étudiés mettent ainsi en lumière les liens étroits qu’entretient le silence avec la violence, la dépossession, la souffrance et la mort, tout en soulignant sa capacité à fonctionner comme un tiers relationnel, à la fois lieu d’écoute, de résonance symbolique et, dans certains cas, de réparation. Enfin, la dimension performative du silence est interrogée comme un acte à part entière, susceptible de produire des effets concrets sur les sujets et les récits, notamment à travers les dispositifs de l’écriture littéraire.
Fields of Study & Subjects
North African History and Literature
French Literature and Critical Theory
Memory
Trauma
and Testimony
Publication details
- Journal / source
- Mouvances Francophones
- Volume
- 11
- Issue
- 2
- Publication date
- 9 January 2026