Voix étouffées et fictions du silence : lecture postcoloniale du roman de Kébir M. Ammi, Le Coiffeur aux mains rouges

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Authors: Sanae Dahman
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Abstract

Dans Le Coiffeur aux mains rouges (2025), Kébir M. Ammi écrit au plus près de ce qui résiste à la mise en récit : une mémoire coloniale fragmentée, hantée, transmise moins par la parole que par les blancs, les ajournements et les traces du silence. Le présent article suggère une lecture du Coiffeur aux mains rouges en montrant comment le roman met en forme, par une poétique du silence, les persistances traumatiques et les impasses mémorielles de l’histoire coloniale. À partir de la rencontre entre Lakhdar, fils d’un maquisard assassiné par l’OAS, et un narrateur héritier du bourreau, l’étude examine la manière dont la fiction déplace le récit historique linéaire au profit d’une écriture faite d’ellipses, de blancs, de ruptures temporelles et de focalisation externe, qui rendent sensible ce qui « ne peut se dire ». En s’appuyant sur les théories de Macherey, de Caruth, et les approches postcoloniales (Fanon, Spivak, Bhabha), l’article défend l’hypothèse que le silence est ici à la fois symptôme d’une mémoire blessée, contre-discours face aux récits dominants, et langage alternatif de la transmission. L’analyse met en évidence un double mouvement : d’une part, un mutisme hérité qui condense l’invisibilisation des voix subalternes ; d’autre part, une esthétique de la latence qui engage le lecteur à habiter l’incertitude plutôt qu’à chercher une résolution.

Fields of Study & Subjects

North African History and Literature Postcolonial and Cultural Literary Studies Memory Trauma and Testimony

Publication details

Journal / source
Mouvances Francophones
Volume
11
Issue
2
Publication date
9 January 2026