DYNAMIQUE URBAINE ET CONFLITS FONCIERS DANS LA VILLE DE N'DJAMENA
Abstract
En Afrique sub-saharienne, la forte croissance urbaine engendre souvent de multiples transformations dont les plus visiblessont la thésaurisation des espaces urbains, la recrudescence des conflits fonciers, la réduction des terres agricoles péri-urbaines et d’autres problèmes environnementaux. Dans cette dynamique, la présente étude se propose d’analyser les conflitsfonciers en lien avec l’expansion urbaine de la ville de N’Djamena. La démarche méthodologique se repose sur l’exploitationdes données secondaires, complétées par des données primaires collectées auprès de 175 acteurs. Les informations qualitativeset quantitatives collectées ont été traitées et restituées sous formes de tableaux, figures, cartes et photographies. Il ressort decette étude que les conflits fonciers dans la ville de N’Djamena résultent de sept (07) principaux facteurs : la forte explosiondémographique, la dualité des lois foncières, l’obsolescence du système de gestion des données administratives, la multiplicitédes instances chargées de l’attribution des terrains, l’incapacité des autorités à faire respecter les normes en vigueur, ainsique la malhonnêteté et le laxisme de certaines autorités dans la gestion des litiges. A cela s’ajoutent la lenteur des procéduresadministratives et leurs coûts souvent élevés, qui contribuent également à l’amplification des tensions foncières. Par ailleurs,l’essor démographique des grandes agglomérations, en particulier la ville de N’Djamena, constitue le principal facteuraggravant les conflits fonciers à travers les occupations anarchiques. Cependant, les statistiques révèlent que 46% des conflitsfonciers résultent de la vente illégale d’une même parcelle à plusieurs acquéreurs, 24% du double ou triple octroi de titres parles services légaux, respectivement 11% et 9% de la dualité des lois et de l’obsolescence du système de gestion des fichiers,7% de la confusion des limites due à la perte de repères, et 3% à la malhonnêteté et le laxisme de certains agents de l’Etat.Toutefois, les registres de certaines structures consultées attestent que les 65% des conflits fonciers sont gérés à la justice,52% par la Gendarmerie, 54% par le Sultanat et 47% par le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques (CSAI). En perspectives,pour améliorer la gouvernance foncière au Tchad, plusieurs orientations s’imposent : la numérisation des fichiersadministratifs, l’harmonisation des normes coutumières et modernes, la classification des compétences des différentesinstances, le renforcement des mécanismes de contrôle et de transparence, ainsi que la mise en place de politiquesd’aménagement capables d’anticiper et d’accompagner les effets de la croissance urbaine
Fields of Study & Subjects
Urban and Rural Development Challenges
Land Rights and Reforms
Urban Development and Societal Issues
Publication details
- Journal / source
- Zenodo (CERN European Organization for Nuclear Research)
- Publication date
- 15 January 2026
- Language
- FR