L'évolution historique des tentatives visant à compléter ou remplacer le ratio cours/bénéfice (P/E) par l'introduction de la croissance des bénéfices, des taux d'intérêt et du risque dans l'évaluation des actions
Abstract
Le ratio cours/bénéfice (Price–Earnings, P/E) occupe depuis longtemps une place centrale dans l’évaluation boursière, mais il demeure un indicateur fondamentalement statique, qui n’intègre pas explicitement la croissance des bénéfices, la valeur temps de l’argent et le risque. Cet article retrace l’évolution historique des cadres analytiques qui ont cherché à corriger, étendre ou dépasser le ratio P/E en introduisant progressivement ces dimensions manquantes. Des multiples traditionnels aux modèles d’actualisation des flux de trésorerie, puis aux ratios ajustés de la croissance, la littérature révèle un glissement conceptuel progressif. Le cadre de Gordon–Shapiro met en évidence que la croissance et l’actualisation sont déjà présentes dans le ratio P/E, mais sous une forme implicite et non inversible, ce qui en limite l’interprétation économique et l’opérationnalité. Les ajustements paramétriques du P/E, tels que le PEG ou le GA-P/E, améliorent partiellement la prise en compte de la croissance, sans pour autant faire du temps une variable explicite de la valorisation. Une étape décisive est franchie lorsque la valorisation commence à être formulée en termes de temps de recouvrement, d’abord avec le Délai de Recouvrement introduit en 1984, puis avec sa formalisation académique ultérieure à travers le Break-Even Time. La rupture conceptuelle intervient avec le Potential Payback Period (PPP), qui généralise ces approches en faisant du temps le résultat explicite de la valorisation, tout en rendant explicites les hypothèses de croissance et d’actualisation. Dans ce cadre, le ratio P/E apparaît comme un cas particulier statique du PPP, correspondant à une situation sans croissance ni actualisation. Cette propriété de généralisation montre que les limites du P/E peuvent être surmontées par construction, sans renoncer à sa lisibilité interprétative. La valorisation fondée sur le temps peut enfin être traduite en rendements actionnariaux, à travers le Stock Internal Rate of Return (SIRR) et son extension incluant l’appréciation du prix, le SIRRIPA, offrant un cadre cohérent et homogène pour l’analyse de la valeur et des rendements des actions.
Fields of Study & Subjects
Financial Reporting and Valuation Research
Financial Markets and Investment Strategies
Financial Analysis and Corporate Governance
Publication details
- Journal / source
- Zenodo (CERN European Organization for Nuclear Research)
- Publication date
- 3 February 2026
- Language
- FR
- Document type
- Preprint