Le cancer et la biologie évolutive
Abstract
Le paradoxe de Péto et la théorie de la pléiotropie antagoniste constituent deux cadres conceptuelscentraux de l’oncologie comparée, permettant d’expliquer les fortes disparités interspécifiques dansl’incidence du cancer. Alors que l’augmentation de la taille corporelle et de la longévité devraitthéoriquement accroître le risque tumoral en raison du nombre plus élevé de divisions cellulaires, lesgrands animaux longévifs, tels que les éléphants et les baleines, présentent une incidence de cancerrelativement faible. Ce constat met en évidence l’existence de mécanismes adaptatifs de protectioncontre le cancer, façonnés par l’évolution. La pléiotropie antagoniste offre une interprétationcomplémentaire en montrant que certains traits favorisés par la sélection naturelle en début de vie,notamment ceux liés à la croissance, à la reproduction ou à l’activité hormonale, peuvent accroître lerisque de cancer à des stades plus tardifs. Chez l’humain, ces compromis biologiques interagissentavec des facteurs épigénétiques et environnementaux propres aux modes de vie contemporains,contribuant à la diversité des profils tumoraux. Dans cette perspective, le cancer apparaît non pascomme une anomalie isolée, mais comme une conséquence indirecte des stratégies évolutivesoptimisant la performance biologique à court et à long terme.
Fields of Study & Subjects
Veterinary Oncology Research
Genetics
Aging
and Longevity in Model Organisms
Cancer Risks and Factors
Publication details
- Journal / source
- Zenodo (CERN European Organization for Nuclear Research)
- Publication date
- 10 February 2026
- Language
- FR