La voirie parisienne à l’épreuve de ses résidus. La maintenance des infrastructures routières au XIXe siècle

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Authors: Paul Lesieur
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Abstract

La voirie parisienne à l'épreuve de ses résidusLa maintenance des infrastructures routières au XIX e siècle Paul LesieurAu XIX e siècle, l'usage des routes et des voies parisiennes génère boues et poussières : leur maintenance est un enjeu constant.Paul Lesieur revient sur cette difficulté qui occupe les services de la ville, gestionnaires et ingénieurs.La constitution du réseau routier français au XIX e siècle ne repose pas uniquement sur le tracé des routes à l'échelle du territoire.Il est en priorité nécessaire de garantir la pérennité de l'infrastructure.Or, les sources de dégradation sont multiples.Exception faite des dallages des voies romaines et du pavage des rues urbaines, la grande majorité des routes consiste en plusieurs couches de cailloutis, dont la composition varie avec les régions.Les trajets s'effectuent en voitures ou charrettes tirées par des chevaux, bœufs ou mulets, en campagne comme en ville (Livet 2003).Leur circulation trace des sillons sur le sol meuble des chaussées, qui se creusent progressivement en ornières.En outre, les heurts des sabots et le frottement des roues écrasent les cailloux en une poussière fine qui stagne à la surface ou est soufflée par le vent.Enfin, les épisodes climatiques détériorent grandement la chaussée.La pluie transforme la poussière en boue et infiltre l'épaisseur de la route, tandis que les gels et dégels l'explosent.La sécheresse rend les cailloux plus friables, augmentant ainsi l'apparition de la poussière.Face à ces agressions, et malgré les moyens mis en place par les pouvoirs royaux successifs, la conservation des voies demeure un problème irrésolu jusqu'au premier tiers du XIX e siècle.Cette période marque un tournant pour l'histoire des routes en France et en Europe, bien repérée par l'historiographie (Fressoz et al. 2025, p. 247-255 ;Guillerme 1996 ;Reverdy 1993).Ce qui l'est moins, c'est le rôle de l'entretien matériel de la chaussée (Grall 2003), et en particulier du traitement des déchets produits par la route.Pour bien saisir son importance, nous proposons non seulement de décrire la prise en charge des déchets de la route, mais plus encore de voir en quoi la densité des mobilités urbaines rend difficile la mise en place d'un système de traitement efficace, qui a conduit à terme au désaveu du revêtement. L'entretien du macadam, ou l'importance du traitement de ses restesAu premier tiers du XIX e siècle, trois grandes évolutions affectent la gestion des routes.Tout d'abord, le gouvernement royal doit concevoir une nouvelle organisation des chantiers routiers.La controversée corvée royale, qui impose à chaque habitant du royaume de fournir plusieurs jours de travail chaque année, est supprimée à la Révolution (Conchon 2016).Après de nombreux débats, la monarchie restaurée la remplace en 1816 par le système des cantonniers : chaque ouvrier est chargé de l'entretien d'une portion de voie sur laquelle il doit être présent au quotidien (Glasson 2014).À la même période, dans plusieurs pays d'Europe, les services centraux en charge de la voirie cherchent à unifier les pratiques de construction de route, sur la demande des chambres de représentants qui réclament l'avis d'experts sur cette question.Les propositions d'un certain McAdam, administrateur écossais qui donnera son nom au revêtement

Fields of Study & Subjects

Death Funerary Practices and Mourning Historical Art and Culture Studies Urbanism Landscape and Tourism Studies

Publication details

Journal / source
Métropolitiques
Publication date
1 January 2026