Fièvre pourprée des montagnes Rocheuses
Abstract
La fièvre pourprée des montagnes Rocheuses (FPMR) est une maladie rare causée par Rickettsia rickettsii, une bactérie transmise par une piqûre de tique infectée. En Amérique, les infections humaines sont propagées par plusieurs genres de tiques incluant Amblyomma, Dermacentor et Rhipicephalus. Les tiques de l’espèce Dermacentor variabilis sont considérées le principal vecteur dans le centre et l’est du Canada, tandis que l’espèce D. andersoni est le principal vecteur dans l’ouest du Canada. La FPMR est une maladie à déclaration obligatoire aux États-Unis depuis les années 1920. Le nombre de cas du groupe de rickettsioses de la fièvre pourprée (incluant la FPMR) a augmenté de façon importante depuis l’année 2000. La majorité des cas du groupe de rickettsioses de la fièvre pourprée sont localisés dans six États : l’Alabama, l’Arkansas, l’Arizona, le Missouri, la Caroline du Nord et le Tennessee. Au Canada, les premiers cas de FPMR ont été observés chez l’humain en Alberta dans les années 1920. De 1930 à 1978, la FPMR était une maladie à déclaration obligatoire au Canada. Pendant cette période, la majorité des cas d’infection humaine ont été rapportés dans l’ouest du Canada en Colombie-Britannique, Alberta et Saskatchewan. Depuis 1978, la maladie n’est plus à déclaration obligatoire au Canada, ce qui rend difficile la détermination de la fréquence de ces infections chez l’humain. Toutefois, entre 0 à 3 cas sont déclarés chaque année en Colombie-Britannique et en Alberta, où les rickettsioses (incluant la FPMR) sont demeurées maladies à déclaration obligatoire. En août 2025, un cas confirmé de FPMR a été rapporté au Québec chez une personne ayant voyagé, dans les semaines précédant le début des symptômes, dans une région du centre du Canada aux prises avec de nombreux cas de FPMR chez des chiens. Des cas groupés chez des chiens dans une région peuvent indiquer la présence locale de la bactérie chez les tiques, augmentant ainsi le risque pour les humains. La maladie n’est toutefois pas à déclaration obligatoire chez les animaux terrestres, tant au Québec qu’au Canada, mais des tests diagnostiques sont disponibles pour confirmer les cas positifs. Bien que cette maladie ait été déclarée plus fréquemment dans d’autres régions du Canada, rien n’indique que la bactérie soit en train d’émerger ou d’être établie au Québec à l’heure actuelle. Cependant, cette maladie pourrait éventuellement émerger et gagner en intensité au Québec et, plus généralement, au Canada, en raison des changements climatiques qui favoriseront la progression des tiques vectrices ainsi que de la bactérie. Une part importante de la littérature sur cette maladie provient de pays autres que le Canada, notamment des États-Unis, du Mexique et du Brésil. Par conséquent, les connaissances associées à cette maladie au Canada devraient progresser à mesure que davantage de cas seront signalés. La maladie peut être traitée avec des antibiotiques, peu importe le stade. Aujourd’hui, les taux de mortalité rapportés sont 5 % pour les cas traités dans les cinq premiers jours suivant l’apparition des symptômes, et de 20 à 25 % pour les cas non traités ou ayant reçu un traitement après ce délai. Aucun vaccin spécifique n’existe pour les humains ni les animaux domestiques. La prévention reste importante afin d’éviter les piqûres de tiques.
Publication details
- Publication date
- 6 January 2026