Exposition professionnelle aux agents d'infections nosocomiales en milieux de soins : mieux comprendre et contrôler la voie de propagation par aérosols
Abstract
Ce projet, mené dans le contexte de la pandémie de COVID-19, visait à mieux comprendre les risques liés à la présence de virus et de bactéries dans l’air des milieux de soins et à identifier les meilleures façons de protéger le personnel de la santé. Ce projet s’est articulé autour de trois grands volets de recherche complémentaires, menés en milieux réels et en laboratoire. Le premier volet visait à documenter la présence de virus comme le SARS-CoV-2 (responsable de la COVID-19), l’influenza ou le norovirus dans l’air d’hôpitaux et de centres de soins de longue durée. Des prélèvements dans les chambres de patients pendant des éclosions ont montré que, même si des systèmes de ventilation performants réduisent considérablement la quantité de virus dans l’air, des particules virales peuvent encore être détectées, parfois en quantité importante, surtout dans les chambres peu ventilées ou hébergeant des patients ayant des symptômes respiratoires. Ces résultats montrent que le personnel soignant peut être exposé à des virus présents dans l’air, malgré les mesures de confinement mises en place. Le deuxième volet s’est intéressé à un autre type de menace : les bactéries résistantes aux antibiotiques, plus précisément les entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC). L’air, les surfaces et les drains dans les chambres de patients hospitalisés ont été analysés. Une contamination importante des sols et de certaines surfaces a été constatée, ainsi qu’une possible dissémination dans les corridors. Ces résultats suggèrent que les travailleurs peuvent être exposés à ces bactéries même en dehors des contacts directs avec les patients, ce qui renforce l’importance des protocoles de nettoyage renforcés et d’une meilleure gestion de l’environnement hospitalier. Le troisième volet s’est déroulé en laboratoire pour tester l’efficacité de différentes mesures de protection. La capacité de l’ozone à désinfecter l’air contaminé par des virus et la performance de différents types de masques à réduire l’émission de particules virales ont été étudiées. Il a été observé que l’ozone peut être efficace dans certaines conditions, mais que son usage doit être bien contrôlé pour éviter des effets nocifs sur la santé. En ce qui concerne les masques, les résultats montrent que les modèles certifiés, comme les N95, offrent une bonne protection, mais seulement s’ils sont bien ajustés. Les masques artisanaux ou improvisés, quant à eux, filtrent souvent mal les particules. Ces données confirment que le choix et le port adéquat des équipements de protection sont essentiels pour la sécurité du personnel. En somme, ce programme de recherche a permis de mieux comprendre les risques liés aux virus et aux bactéries dans l’air des milieux de soins, tout en testant concrètement des moyens de protection. Il en ressort que la ventilation, le nettoyage des surfaces, l’utilisation adéquate de masques et l’application de mesures de désinfection doivent faire partie intégrante des stratégies de prévention pour protéger le personnel soignant et réduire les risques d’exposition aux agents infectieux.
Fields of Study & Subjects
Infection Control and Ventilation
Infection Control in Healthcare
Indoor Air Quality and Microbial Exposure
Publication details
- Publication date
- 1 January 2026
- Language
- FR