Animalite et predation genree dans Les Fous de Bassan d'Anne Hebert ; suivi d'Un hiver plus doux
Abstract
L’essai Animalité et prédation genrée dans Les Fous de Bassan d’Anne Hébert propose de réfléchir à un aspect peu développé de la critique hébertienne ; l’animalité. Dans ce roman où la présence animale est particulièrement foisonnante, il importe de déterminer comment son traitement influence les représentations des différents personnages et leurs dynamiques. Ma recherche m’a permis de découvrir que la représentation de l’animalité dans Les Fous de Bassan dépend largement du sexe des personnages, ce qui engendre un système dans lequel la prédation des femmes est non seulement logique, mais aussi inévitable. Mon essai cherche à montrer que cette prédation et cette animalisation participent, au fond, du cycle de violence hérbertien que met déjà de l’avant la critique. L’animalité des Fous de Bassan, que ce soit en elle-même ou bien par la fragmentation de l’identité qu’opère Hébert en faisant, entre autres choses, le choix de prioriser la comparaison à la métaphore, est donc négative autant pour l’humain que pour l’animal, tous deux incomplets et rabaissés dans leur rapprochement mutuel. Le roman Un hiver plus doux propose, quant à lui, d’explorer l’animalisation d’une manière qui redonne leur agentivité aux personnages qui en font l’objet, mais aussi aux animaux qui sont utilisés à des fins métaphoriques. Si l’animalité dans Les Fous de Bassan semble avoir une négativité inhérente, Un hiver plus doux se questionne sur les rapprochements possibles entre humains et bêtes ; est-il possible d’animaliser positivement, ou du moins, de conserver une certaine neutralité dans la métaphorisation ? Raoul Tremblay, habitant du village d’Abercorn (qui présente de nombreuses similarités avec celui de Griffin Creek dans Les Fous de Bassan), est forcé de sortir de sa routine quotidienne lorsqu’une tornade ravage la scierie où il travaille. Alors qu’il se cherche un nouvel emploi, Raoul est confronté à l’animalité des autres villageois qu’il ne côtoie d’ordinaire qu’au passage. En travaillant dorénavant pour la mère « la plus poule d’Abercorn », madame Ouellet, Raoul apprend que le bonheur se tapit peut-être finalement là où il ne croyait pas le trouver.
Fields of Study & Subjects
Literary Analysis and Cultural Studies
Literature and Culture Studies
Logistics and Transportation Systems
Publication details
- Publication date
- 1 January 2026
- Language
- FR
- Document type
- Thesis