Perdue au pays de Canada : lecture du manque de sentiment d’appartenance dans quelques récits irano-canadiens
Abstract
L'immigration est un défi à tout âge et dans toutes les situations. Si la migration se fait avec succès, elle présente sans aucun doute de nombreux avantages. Mais par la force des choses, certains migrants font face à des obstacles en arrivant dans la nouvelle société, qui peuvent se prolonger et les empêcher d'accéder à une bonne vie. Les migrants se confrontent à une nouvelle langue, à un nouvel espace, liés à la nouvelle culture et aux nouvelles coutumes. Cependant, pour les individus qui sont plus attachés à leur langue et à leur culture, ces défis peuvent s’avérer encore plus complexes. Ces migrants portent en eux la culture de leur société d'origine ; mais, à mesure qu’elles ou ils se frottent à la culture du pays d’accueil, ils en sont influencés et se retrouvent dans un entre-deux où il, elle, n’appartiennent ni à une culture ni à l’autre. Pour ces individus, l'adaptation peut être un processus complexe de navigation entre l’attachement à leur langue et à leur culture d'origine, et la nécessité de s'intégrer à la nouvelle société. Pire que cette nouvelle condition de vide interculturel est l'expérience du racisme, qui prive certains immigrants du sentiment d’être chez soi et les maintient en marge de la société d’accueil. Ces facteurs influencent le sentiment d’appartenance des migrants, en sus de la pression psychosociale de la société d'accueil. Lorsque la pression de la société d'accueil s’exerce, elle rappelle aux migrants leur langue trouée, ainsi que leur différence physique et culturelle, ce qui engendre un sentiment de perte d’identité et la conviction de ne jamais pouvoir s’adapter. Il ou elle craint que sa position dans la société d'accueil se dégrade, ce qui peut entraîner des conséquences psychologiques telles que l’anxiété. Mais, de plus, parfois il ou elle pense à retourner vers son pays d'origine alors que les raisons de le quitter étaient justifiées quant aux conditions de vie socio-économiques ou politiques. Cette situation s'accentue pour les Iraniens libéraux à l'époque de la Révolution de 1979. À l’époque de la Révolution , en effet, les Iraniens libéraux ont le sentiment d’appartenir à l'Iran, mais ils ne peuvent pas s'adapter à la nouvelle culture religieuse du pays que l’Ayatollah Khamenei instaure. Après la révolution, les Iraniens craignent la torture et la terreur du régime, mais fuient également la domination du religieux dans leur vie quotidienne. Pendant le règne du Shah, vers la fin des années 1960 et 1970, l'occidentalisation, c’est-à-dire l’intégration d’un mode de vie occidental, avait sécularisé la vie des Iraniens, vers la fin des années 1960 et 1970. Ces Iraniens libéraux se trouvent donc aliénés en Iran depuis le régime religieux de l’Ayatollah. Cependant, le sentiment d'aliénation et d'exil après la migration les déstabilise encore plus. Étant donné que la littérature permet d’explorer et de représenter les expériences de formation individuelle, façonnées par le contexte social et culturel, ainsi que les effets du déracinement sur l’identité, l’étude des œuvres issues de l’immigration offre un cadre pour comprendre les défis et les tensions vécus par les migrants iraniens. Elle met en lumière la manière dont les personnages négocient les valeurs de leur pays d’origine avec celles de la société d’accueil. En conséquence, la présente recherche porte sur l’étude de cinq œuvres d’immigration irano-canadiennes intitulées A Palace in Paradise, « Heart’s Language » dans The Street of Butterflies, « Without Root » dans Parastoo de Mehri Yalfani, « Sign Language as Second Language » dans Divided Loyalties, de Nilofar Shidmehr, et Breaking the Ocean, de Annahid Dashtgard. À partir de ce corpus de cinq romans, nouvelles et récit de vie d'écrivaines irano-canadiennes émergentes , cette recherche examine la représentation de l'immigration et identifie les défis auxquels les immigrants iraniens sont confrontés dans la société canadienne, tels qu’ils sont représentés dans les récits ici étudiés. Cette recherche se concentre sur un concept important dans les études sur la migration : le sentiment d'appartenance des migrants à la société d'accueil. Je tente de répondre à cette question dans mon étude : Comment se manifeste et se développe le sentiment d'appartenance dans les œuvres A Palace in Paradise et « Heart’s Language » dans The Street of Butterflies, « without Root » dans Parastoo, « Sign Language as Second Language » dans Divided Loyalties et Breaking the Ocean ? Plus précisément, quels aspects de la vie des personnages influencent leur appartenance à la société canadienne dans ces œuvres ?
Fields of Study & Subjects
Diaspora
migration
transnational identity
Canadian Identity and History
Migration
Refugees
and Integration
Publication details
- Publication date
- 1 January 2026
- Language
- FR
- Document type
- Thesis