Le sort de la dépouille mortelle en droit gabonais. De la sacralité à l'oubli juridique
Abstract
Depuis le début de l'humanité, l'homme s'est toujours interrogé sur la mort et sa mort. Pour l'aider à franchir ce passage redoutable et peut-être retrouver une autre forme de vie dans l'au-delàs, il a institué progressivement une multitude de rites funéraires qui ont évolué à travers les siècles suivant l'influence des mentalités, des modes de vie, des us et coutumes, des religions, des symboles et des cultures des peuples. Aussi, il est important que souligner que lorsque l'âme quitte le corps, il ne reste plus qu'un matériau donc il reste à définir le régime juridique. C'est dans ce sens que CHEVANDIER disait lors des travaux préliminaires à la loi de 1887 sur la liberté des funérailles, que, le cadavre de l'individu est le premier de ses biens. Aussi, pour reprendre Bérengère GLEIZE dans son analyse juridique du corps comme source du funéraire, la mort est, pour le juriste, un fait majeur emportant la disparition de la personnalité juridique. Laquelle mort peut se définir comme un fait juridique pouvant être qualifié de terme certain, et qui a pour effet de retirer la qualité de sujet de droits à l'être désormais sorti de la scène juridique. En effet, les conséquences sont nombreuses, notamment en droit civil, avec la dissolution des liens personnels et l'ouverture de la succession. Mais si le sujet de droit n'existe plus, la mort n'est pas le néant : le corps survit à ce passage de la vie à la mort en se transformant en cadavre. Le droit ne saurait être indifférent à ce reliquat du défunt, à cette trace matérielle de la personne disparue.
Fields of Study & Subjects
Death
Funerary Practices
and Mourning
Family and Matrimonial Law
Medical and Health Sciences Research
Publication details
- Journal / source
- HAL (Le Centre pour la Communication Scientifique Directe)
- Pages
- 15
- Publication date
- 26 January 2026
- Language
- FR
- Document type
- Preprint