Habitudes de consommation de substances psychoactives chez les internes de médecine générale au sein du G4 (Lille, Amiens, Rouen et Caen)
Abstract
Introduction : Les substances psychoactives (SPA), licites ou illicites, constituent un enjeu majeur de santé publique en raison de leurs conséquences sanitaires, sociales et professionnelles. Le coût social des SPA illicites en 2019 s’élevait à 7,7 milliards d’€ et des institutions comme l’OFDT et Baromètre Santé France s’accordent à dire que les consommations à titre expérimental ou usage quotidien sont en hausse pour la plupart des substances illicites (14,6 % d’usage expérimental en 2023 vs 9,8 % en 2017). Si les usages festifs concernent principalement les jeunes adultes, les professionnels de santé en formation ne semblent pas épargnés. L’internat de médecine générale représente une période de transition marquée par une charge de travail importante, un stress accru et une exposition à des situations émotionnellement exigeantes, susceptibles d’influencer les stratégies de coping. Peu de données s’intéressaient spécifiquement aux usages de SPA chez les internes de médecine générale du G4. L’objectif de ce travail de thèse était de décrire leurs habitudes de consommation, les circonstances d’usage, leur évolution au cours de l’internat, ainsi que leur connaissance des dispositifs de soutien existants. Méthodologie : Il s’agissait d’une étude quantitative, descriptive et multicentrique, réalisée à l’aide d’un auto-questionnaire en ligne adressé aux internes de médecine générale des facultés du G4 (Amiens, Caen, Lille et Rouen). Le questionnaire explorait les données sociodémographiques, les habitudes de consommation d’alcool et de SPA, les contextes d’usage, l’évolution des consommations depuis l’externat et le ressenti des internes vis-à-vis de ces consommations. Les analyses étaient descriptives et comparatives, avec un seuil de significativité fixé à p < 0,05. Résultats : Au total, 193 réponses complètes ont été recueillies, dont 183 exploitables pour l’analyse des SPA. Parmi les répondants, 61,7 % déclaraient avoir déjà consommé au moins une SPA au cours de leur vie. Les substances les plus fréquemment rapportées étaient le poppers (56,3 %), le protoxyde d’azote (45,9 %) et le cannabis (42,6 %). Les consommations concernaient majoritairement des contextes festifs (entre 28,4 % et 47 % des IMG interrogés). Aucune consommation en situation professionnelle n’était déclarée. Une différence significative était observée selon le sexe et l’année d’internat, sans association avec la charge ou le lieu de travail. Près de 60 % des internes ne connaissaient pas les dispositifs de soutien disponibles. Discussion : Ces résultats mettent en évidence une prévalence non négligeable de consommation de SPA chez les internes de médecine générale du G4, principalement à visée festive. La faible connaissance des dispositifs d’aide et la banalisation des usages soulignent la nécessité de renforcer la prévention, la formation et l’accompagnement des internes.
Fields of Study & Subjects
Substance Abuse Treatment and Outcomes
Youth
Drugs
and Violence
Opioid Use Disorder Treatment
Publication details
- Journal / source
- HAL
- Publication date
- 22 January 2026
- Language
- FR
- Document type
- Thesis