Le poison et la méthode : la morphine comme révélateur du projet naturaliste chez Dubut de Laforest
Abstract
Cette communication propose une lecture de Morphine (1891) de Jean-Louis Dubut de Laforest comme une œuvre-laboratoire où s’articulent fiction, science et morale. À travers la figure du capitaine Pontaillac, officier morphinomane, l’auteur explore les effets physiologiques, psychiques et sociaux d’un progrès technique devenu poison collectif. En mobilisant les savoirs médicaux, pharmacologiques et anthropologiques de son temps, Dubut de Laforest inscrit l’addiction dans une démarche naturaliste. Mais derrière la rigueur clinique se révèle la critique du scientisme triomphant : la confusion entre soin et dépendance, recherche et déviance. Le roman met en scène une science fascinée par sa propre puissance, corrompue par l’argent et l’ambition. Morphine dévoile ainsi la part pathologique de la modernité fin-de-siècle, où la seringue de Pravaz incarne à la fois la promesse et la faillite du progrès. Le poison devient métaphore d’une science sans conscience, miroir d’une civilisation en crise.
Fields of Study & Subjects
History of Science and Natural History
French Literature and Poetry
Decadence
Literature
and Society
Publication details
- Journal / source
- HAL
- Publication date
- 22 January 2026
- Language
- FR