Qui pour « corriger » les traductions ? Révision vs. post-édition : une distinction à revoir ?
Abstract
Le point de départ de cette communication est notre interrogation sur la pertinence de la distinction entre révision et post-édition, souvent posée comme évidente dans la formation et la pratique professionnelles. Si dans les deux cas il s’agit de corriger une première traduction, d’origine humaine pour la révision et automatique pour la post-édition, les deux tâches sont actuellement présentées comme étant bien distinctes (Do Carmo & Moorkens 2020). Ceci se traduit par l’existence de deux normes ISO (17100:2015 et 18587:2017) et les professionnels du secteur insistent beaucoup sur la spécificité des deux tâches, en lien avec la distinction entre projets de traduction et projets de post-édition. Par conséquent, ces deux types de correction sont généralement enseignés dans les formations aux métiers de la traduction de façon distincte (Guerberof Arenas & Moorkens 2019, Mossop 2020).À l’inverse, on constate que les progrès de la traduction automatique semblent aujourd’hui brouiller la frontière entre traductions humaines et traductions automatiques (Koponen et al. 2020, Girletti 2022, Salmi 2025), les erreurs à corriger se rapprochant (Yamada 2019, Castilho et al. 2017) malgré l’existence de ce que l’on a appelé le « machine translationese » (de Clercq et al. 2021). On note par ailleurs que l’origine d’une traduction (humaine/automatique) n’est correctement identifiée que dans deux cas sur trois, qu’il s’agisse d’étudiants en fin de formation ou de professionnels (Loock et al. 2025).À partir d’une expérience menée auprès deux communautés de praticien(ne)s, des étudiant(e)s en traduction et des professionnel(le)s du secteur, nous proposons d’observer ce qui fait l’objet de corrections lors d’un travail portant sur des traductions humaines et sur des sorties de traduction automatique. Nous distinguerons deux situations : lorsque l’origine de la traduction est connue et lorsqu’une fausse origine est donnée. L’objectif est de mettre en lumière les stratégies correctives mobilisées, leur pertinence selon différentes catégories (sens, fluidité, terminologie, grammaire, etc.), mais aussi les représentations implicites vis-à-vis du type de traduction à corriger.Afin de correspondre aux pratiques et aux exigences professionnelles réelles, l’évaluation des corrections a été effectuée par deux professionnels du secteur, qui pratiquent et enseignent la post-édition et la révision.
Fields of Study & Subjects
Translation Studies and Practices
Publishing and Scholarly Communication
Lexicography and Language Studies
Publication details
- Journal / source
- HAL
- Publication date
- 16 April 2026
- Language
- EN