Rencontres Touarègues: De Paris au Niger, mémoires d'un ethnologue
Abstract
Ce livre retrace mon parcours d’ethnologue en pays touareg. Cependant, autant que de ce parcours en lui-même, je veux y parler des rencontres qu’il m’a permis de faire. Rencontres, là-bas, avec ceux qui m’ont accueilli sous leurs tentes, introduit à leurs traditions et, pour quelques-uns d’entre eux, secondé dans mes recherches. Rencontres, ici, avec des aînés que j’ai admirés et des collègues que j’ai affectionnés, rencontre aussi avec leurs livres, dont certains ont marqué l’époque. Cet accent mis sur mes rencontres fait que, plus qu’une autobiographie, ce livre est un récit dont je serais l’un des acteurs. Sauf peut-être dans la brève introduction, où j’évoque très rapidement le milieu dont je suis issu, et dans le premier chapitre, où je relate les doutes qui m’ont tourmenté avant que naisse ma tardive vocation d’ethnologue. Et même là, autant que de moi-même, je parle de mes interactions avec Laurent Schwartz, le grand mathématicien sous la direction duquel j’avais pensé mener mes recherches, avant de comprendre que ce que je prenais pour ma passion des mathématiques n’était en réalité que l’admiration affectueuse que je lui portais. Car, à l’origine de mon parcours, il y a les mathématiques. La suite suit à peu près l’ordre chronologique, sans toutefois s’y conformer strictement. Le chapitre II retrace mon année de formation avant mon départ vers le Niger. Je rapporte d’abord comment, au sortir d’années vouées aux mathématiques, j’ai découvert avec émerveillement l’oeuvre de Claude Lévi-Strauss. Je passe ensuite à mon apprentissage de la langue touarègue à l’Institut des langues orientales, vieille institution dont je brosse par petites touches une légère esquisse. C’est l’occasion de plusieurs portraits, en particulier celui du grand berbérisant Lionel Galand que, passant par-dessus les années, je suis jusqu’à ma dernière rencontre avec lui en 2015. J’y rapporte aussi, à travers les poèmes recueillis en 1907 par le Père de Foucauld, ma découverte de l’art poétique touareg – laquelle a déterminé une grande part de mes travaux ultérieurs, aussi bien ceux que j’ai consacrés à la poésie touarègue que ceux où je me suis intéressé à la vie et à l’oeuvre de l’ermite de Tamanrasset. Viennent ensuite cinq chapitres qui forment le coeur du livre, et où je parle des amitiés que j’ai nouées parmi les Touaregs du Niger, ce qui m’amène à une présentation générale de leur société et du rôle qu’y jouent les femmes, lesquelles sont maîtresses de leurs tentes et en disposent à leur guise tandis que les hommes n’y sont que des hôtes au statut incertain. Je donne à cette description le ton d’un récit de voyageur plutôt que celui d’une monographie ethnologique et mets en avant l’homme, resté mon ami jusqu’à aujourd’hui, que la Providence a mis sur mon chemin dès mon arrivée au Niger. L’épilogue est une brève évocation de maîtres que je n’ai pu connaître, puisqu’ils ont vécu en d’autres siècles (Homère, Milman Parry, les troubadours, Fernando Pessoa, etc.). Il me permet d’évoquer brièvement mes travaux, consacrés pour une bonne part à l’étude de diverses traditions poétiques, et de dire pour finir comment j’ai pu réconcilier en moi le mathématicien que je m’étais destiné à être, et l’ethnologue que je suis devenu – de façon indirecte puisque, comme dans tout le livre, je ne parle de moi qu’à travers les autres.
Fields of Study & Subjects
African Studies and Geopolitics
North African History and Literature
African history and culture studies
Publication details
- Journal / source
- HAL
- Publication date
- 1 August 2026
- Language
- FR
- Document type
- Book