Un capital bureaucratique au profit de la finance impériale: La Compagnie générale des colonies, 1920-1959
Abstract
Cet article étudie l’appropriation d’un capital bureautique – défini par l’accumulation d’un savoir d’Etat à travers le recrutement d’anciens hauts et moyens fonctionnaires, d’ingénieurs ou de diplômés d’Etat – par une grande firme coloniale, comme condition d’activation de profits impériaux. La mobilisation d’expériences, de savoir-faire administratifs et de réseaux d’interconnaissance a représenté un facteur clé en vue d’accumuler les ressources nécessaires aux affaires coloniales, que sont les concessions, les contrats publics et la main-d’œuvre (contrainte). En s’intéressant à la dimension stratégique du « pantouflage », nous distinguons entre deux fonctions – de parrainage et opérationnelle – qui, respectivement, légitiment le capital financier et en assurent la fructification, par un faisceau de relations avec différentes strates de l’administration : des gouverneurs généraux aux autorités locales, du cadastre à l’inspection du travail, des travaux publics aux services sanitaires. En étudiant la manière dont une firme financière puise dans différents corps administratifs pour conduire ses affaires, ce travail apporte un éclairage neuf sur l’économie politique du colonialisme, saisi à partir des circulations public-privé propres aux élites économiques impériales.
Fields of Study & Subjects
Colonial History and Postcolonial Studies
African history and culture studies
Historical Economic and Social Studies
Publication details
- Journal / source
- HAL
- Publication date
- 1 January 2026
- Language
- FR
- Document type
- Preprint